Programme 2010 : peau de chagrin et mise en bière !

Comment dire pour être clair ? Disons simplement que la morosité ambiante a rattrapé le 322 !

Les temps ne sont pas vraiment à la gaudriole, vous l’aurez sans doute remarqué. Jusque là je dérogeait crânement à la règle, mais force est de constater que je vais bientôt renter dans le rang et replier doucement les voiles de mon projet. En attendant d’en bâtir d’autres, je rassure les plus inquiets !

Tout ça pour dire que l’optimisme a momentanément été remisé dans le fond de mes poches face à des turbulences professionnelles plus précoces et plus fortes que prévu. Et me voilà déstabilisé. Et comme pour aller faire la course pendant des jours sur nos bateaux magiques, il faut avant tout être fort dans sa tête, je dois bien reconnaître que ce n’est plus mon cas depuis quelques mois. Et cette fois cela semble bien être le coup de grâce.

Et oui, comme beaucoup de collègues-concitoyens, je fais bravement face depuis quelques temps à une déferlante de réformes. Déferlante ? Vague de fond dirais-je tant la méthode est sournoise. Alors voilà, je ploie à mon tour. Bien sûr, les réformes sont nécessaires, et je suis sincèrement le premier à les souhaiter. Mais faut-il user des seuls usure et pourrissement comme techniques de management ? La question est posée.

Voilà, ce sera ici ma seule contribution au débat de société qui nous anime déjà tous plus ou moins, n’est-il pas ?

Alors touché-coulé, il faut boucler le projet et trouver vite les nouveaux horizons que nous allons scruter en famille. Celui du Havre, horizontal ou vertical selon le côté vers lequel on se tourne, nous allait pourtant plutôt bien. Et puisqu’on en est à l’étape des confidences, je peux vous dire que la chose était loin d’être acquise lorsque nous avons franchi pour la première fois le pont de Tancarville dans notre camionnette, notre déménagement derrière nous !

Mais 2010 n’est pas tout à fait mort. Jean souhaite s’aligner au départ du Trophée Marie Agnès Péron à Douarnenez début juin. Alors nous allons lui préparer un joli 322 et profiter des derniers convoyages et entraînements pour savourer encore une fois tout ce que nous a apporté ce projet, qui sera allé aussi loin que le plaisir à pouvait nous porter.

Et puis il sera temps de confier notre 322 à un digne successeur. Le 322 est à vendre, faites le savoir. 

A bon entendeur salut !

EB

Des dauphins pour passer l’hiver

Bonne année à tous!!

Allez, quelques dauphins pour nous aider à passer l’hiver. L’ami Dim a monté un petit film avec les images qu’il avait ramenées d’un convoyage cet été. En plein Raz Blanchard, avec un coucher de soleil sur Aldernay, des dauphins sont venus nous rendre une petite visite. Moment magique s’il en est!

Pour visioner les images cliquez ici

Dauphins convoyage

EB

Sainson 2009 : le bilan.

A l’heure où la grand voile du 322 s’est enroulée bien à l’abri au dessus du tas de bois de chauffage qui commence à maigrir sérieusement vite,  il est grand temps temps de jeter un oeuil sur la saison qui vient de s’écouler.

Et avant toutes choses, il convient de se poser la bonne question : content ou pas content?

 Et bien pour tout vous dire, content. Très content même.

Bon forcément, terminer sur un échec, ce n’est pas très bon pour la mise en perspective. Et même si ledit échec est de loin le plus raisonné et le plus raisonnable de ceux que j’ai pu subir, terminer la saison par une volte face devant l’adversité peut, par moment, faire vaciller cette inébranlable et incomensurable foi dans mes capacités (pourtant de mon point de vue tout à fait exceptionnelles, mais dont les limites me sont desormais beaucoup plus tangibles).

Ceci dit, après un peu de repos et après avoir pendant un mois méthodiquement pris un large tour lorsque mon chemin venait à croiser un ponton, la rèponse, un temps pourtant hésitante, impose désormais son évidence : content. Trés content même.

Méthode Cou(l)é?

Pas tant que ça, car si vous m’aviez dit il y a un an, que la saison commencerait par un mois et demi d’entraînement, parfois avec les copains, que j’aurais la chance d’avoir de bonnes conditions pour caser une trans-Manche aller et retour en solitaire pour voir ce que ça fait, qu’après un convoyage en double avec Dimitri (je vous souhaite de n’avoir que des équipiers comme lui) je pourrais m’aligner au départ du Trophée Marie Agnès Péron pour 200 milles de course en solitaire, que j’irais virer le rocher du Fastnet via Wolf Rock avec mon accolyte Jean MOLLET, et qu’après un nouveau convoyage de 200 milles en solitaire, je m’élancerait pour tenter de boucler la qualif, j’aurais signé tout de suite.

En effet, étant donné qu’au début de l’année, la grande question était de savoir si j’allais pouvoir terminer une course ou si j’allais être capable de mener mon canote plusieurs jours durant en solitaire dans des parages pas toujours hospitaliers, j’ai objectivement un tas de bonnes raisons de me réjouir. Si on rajoute le fait que plus on passe de temps sur le bateau, plus la vie s’y organise simplement à force de bidouilles et autres réflexes, les progrès accomplis l’ont été au delà de tout espoir.

Seulement voilà, le ministe n’est par définition pas tout à fait sage et il a une fâcheuse tendance à se focaliser sur ce qu’il lui reste à accomplir. Sitôt validé, l’objectif, qui faisait pourtant jusqu’alors office de graal, est remisé dans la case souvenirs, de ceux que l’on ressortira plus tard en temps voulu, un soir au près du feu, histoire de se faire mousser devant ses petits enfants qui s’obstinent à croire qu’on n’a pas pu être un jour autre chose que vieux. Ce faisant, le mini-transateux en devenir se retrouve pertpétuellement au pied d’un nouveau mur, à chaque fois un peu plus haut. Et lorsqu’il touve le mur un peu trop haut, il a déjà oublié qu’il lui a fallu pour arriver jusque là sauter quelques obstacles qu’il envisageait il n’y a pourtant pas si longtemps comme des sommets dèjà bien escarpés.

En bref, un ministe déçu est un ministe suffisamment fatigué pour oublier qu’il était là avant tout pout le plaisir de naviguer, et qu’il est donc temps qu’il se repose.

Voilà LA grande découverte de cette saison 2009, à méditer pour 2010.

EB

RdV au Nautic

Comme tout voileux qui se respecte, je vais effectuer mon pèlerinage annuel au Nautic. Pour joindre l’utile à l’agréable, je vais même y travailler quelques jours. J’aurai donc le plaisir de vous accueillir sur le stand de Météo-France du vendredi 4 au mardi 8.

Du mini au programme tout de même car l’AG de la classe se tient traditionnellement le premier WE du salon, avec dans la foulée cette année, la remise des prix de la Transa, histoire de boucler dignement la saison.

A toutes fins utiles, n’hésitez pas à me contacter au 06 63 59 87 68.

Après un break d’un bon mois, le bateau est désormais vide et au sec en attendant une grande toilette hivernale.

Bientôt en ligne un bilan de la saison 2009 et le programme 2010.

A très bientôt.

EB

Ca, c’est fait!

Ca, c’est fait! Il n’est pas impossible que beaucoup de navigateurs se chuchotte cette petite phrase une fois la Transat 650 achevée.

Une trentaine de jours de navigation à bord d’un bateau de 6,50 m, du golfe de Gascogne au pot au noir, boucler la plus longue des transats en solitaire reste un exploit en soi et une authentique aventure.

Alors bravo à tous ceux qui ont déjà atteint Bahia, sans oublier ceux qui sont encore en train de mettre du charbon.

 Et que dire à chaud de cette édition encore fumante?

Et bien que quelques champions se sont définitivement révélés tout d’abord. Favoris et vainqueurs. Malgré une sérieuse opposition, tant Thomas Ruyant que Francisco Lobato se sont imposés. Et vu la pression à laquelle il faut résister pendant une période de deux mois, vu le degré d’incertitude tant les incidents techniques possibles sont nombreux et vu le nombre de concurrents faisant qu’il y en aura toujours un pour tirer la bonne option, être favori et terminer sur la plus haute marche du podium de la mini, chapeau.

Et puis il y a tous les autres. D’autres champions bien sur, tout le monde ne peut pas gagner (Mich’Dej n’a pas gagné la mini!!) et tous les anonymes, qui, lorsqu’on lit leurs commentaires, sont à la fois ravis d’être venus, et ravis d’en finir. Sacrée épreuve donc.

Et nos Pogos 1 alors. Et bien François Champion a finalement pris l’ascendant sur ses petits camarades, à la régulière. Il a réalisé une très belle trajectoire depuis le pot au noir et a relégué Fabien Meyer à une quarantaine de milles, et laissé Sandrine Bertho 120 milles derrière. Quant à Norbert Maibaum, le quatrième Pogo 1, il fait sa route 400 milles en arrière.

A signaler Pierre Brasseur qui s’est bien rattrapé de sa première étape ratée et prend la huitième place en étant resté au contact du groupe de tête  jusqu’à la sortie du pot au noir.

Maxence Desfeux ferme quant à lui la marche. Il lui reste quelques 1000 milles à parcourir, ce qui donne une nouvelle fois à réfléchir sur la difficulté de l’épreuve.

EB

Vent stable, vitesses élevée, arrivées en vue.

Un vent bien établi souffle à priori assez régulièrement entre 10 et 20 noeuds sur les côtes brésiliennes. Il prend de le gauche au fur et à mesure que les concurrents s’approchent du but et devient de plus en plu portant. Au final, il faut jouer au mieux des oscillations du vent pour déclencher des empannages et glisser vers Bahia en parcourant le chemin le plus court tout en gardant une vitesse la plus élevé possible. Savant jeu de l’équilibriste donc, auquel s’adonnent nos skippers les yeux fermés lorsqu’ils dorment!

A ce petit jeu, Thomas Ruyant est toujours aussi brillan. Le vent ne devrait pas l’abandonner d’ici l’arrivée (hormis les zones de molles liées à la proximité de la côte, mais les autres y seront soumis eux aussi) et Thomas s’achemine vers une superbe victoire d’étape qu’il agrémentera sans doute d’une victoire finale amplement méritée. A voir selon ses commentaires à l’arrivée, mais vu de l’exterieur, Thomas a fait montre d’une maîtrise impressionnante. Respectant à la lettre la stratégie qu’il s’était fixée depuis le départ de la première étape, prudent pedant la première partie du parcours, lachant tout après le Cap Vert, il a même su relancer la machine alors qu’il avait perdu un peu de terrain en se recalant derrière le groupe de tête avant le passage du Cap Vert. Et vu le plaisir que semble prendre le bonhomme en mer et ses qualités tant de marin que de compétiteur, on devrait le revoir rapidement chez les “grands”.

Charlie Dalin lui aussi tient toutes ses promesses. Il confirme qu’il n’a pas son pareil lorsqu’il s’agit de naviguer tout en finesse en maintenant la pression pendant longtemps. Il creuse doucement l’écart avec ses poursuivants qui sont pourtant loin d’être les moindres. Cela ne devrait pourtant pas suffire pour la victoire finale tant Francisco Lobato a tapé fort au cours de la première étape. Il a pris les risques lui seul pouvait assumer, il est passé, il en touche fort justement la récompense.

Et si l’on compare les trajectoires de Charlie et de Francisco sur cette deuxième étape, la différence de style et saisissante. La trajectoire de Charlie est tout en nuances au plus près de la route directe. Francisco, sans doute plus rapide dans bien des cas, imprime à sa trajectoire des options marquées, celles de celui qui donne tout dans chaque décision. On comprend bien qu’il soit imbattable au portant dans la brise.

Encore deux jours pour les séries. Sauf incident technique, les positions devraient rester figées.

Côté Pogo 1, Fabien Meyer contient toujours les assauts de François Champion et semble bien vouloir lui résiter jusq’au bout. Mais 10 milles séparent seulement les deux hommes, il va y avoir du match entre les deux. Sandrine Bertho est elle désormais un peu décrochée 100 milles derière payant toujours son bord un peu trop à l’est à la sortie du pot au noir.

Allez, on va pouvoir savourer les commentaires au cours des arrivées.

EB

Dernière ligne droite, pas la moindre.

Le pot au noir a été fidèle à sa réputation et nous a réservé quelques belles surprises. Bien étendu, comme dans la théorie il fallait être le plus à l’ouest possible pour le subir le moins possible.

Mais tirer trop à l’ouest rallonge la route et impose de serrer le vent une fois les alisés de sud-est établis pour laisser les îles de Fernado de Noronha sur tribord.

A ce petit jeu d’équilibriste, Thomas Ruyant a été le plus doué et s’en est tiré plus que bien. Et depuis qu’il a touché de nouveau du vent, il est tout simplement impressionnant de puissance et de régulérité. Il avait promis de naviguer prudent jusqu’au Cap Vert puis de tout lacher pour la dernière ligne droite, il fait mieux que tenir parole : 13.3 noeuds instantanés au dernier relevé, 1 à 2 noeuds de mieux que les autres qui ne sont pourtant pas venus faire du tourisme, tout simplement impressionnant. Il faut avoir pour celà le mental, la fraîcheur suffisante et le mode d’emploi en 5 volumes des réglages des voiles, du pilote, du gréement et de la sonnerie du réveil. Thomas n’avait que 3 heures de retard sur Bertrand Delesne à la fin de la première étape, il respecte pour l’instant sa stratégie à la lettre, il assume parfaitement son statut de favori, chapeau bas. Ceci dit, il reste encore 650 milles devant les étraves, mais s’il n’a pas d’incident technique, il va être dur à battre.

A noter que Pierre Brasseur poursuit son beau parcours sur cette deuxième étape. Au coude à coude avec Sébastien Picault, ces deux compères tiennent une belle revanche sur la première étape et devraient finir dans les 10 premiers (Fabien Desprès va être bien difficile à contenir d’ici l’arrivée).

En série, Francisco Lobato est lui aussi tout à fait impressionnant. Le jeune homme doit lui aussi avoir un metal d’acier car revenir sans coup férrir à la première place du classement après une première parti d’étape en demi teinte. Lui aussi assume plutôt bien son statut de favori.

Mais Charlie Dalin n’a pas dit son dernier mot. Son placement plus à l’est lui a certes temporairment couté sa première place, mais il devrait la récupérer au prochain pointage à la faveur d’un meilleur angle par rapport au vent et d’une route un peu plus courte.

La bataille s’annonce rude pour la victoire d’étape car Ricardo Apolloni est en embuscade et les trois devraient se livrer une belle bataille à l’approche de Bahia. Léger avantage tout de même à Charlie qui a prouvé qu’il était sans doute le plus rapide lorsqu’il s’agit de naviguer en finesse en serrant un peu plus le vent, Lobato paraissant lui imbatable au portant dans la brise.

A signaler tout de même Mathieu Galland qui pointe obstinément son Super Calin à la 9éme place, n’ayant quasiment pas quitté le top ten depuis le départ de la deuxième étape. Un exploit sur un bateau d’ancienne génération. Mais il devrait voir passer quelques concurrents d’ici l’arrivée car, beucoup moins large, son bateau manque cruellement de puissance au reaching.

Du côté des Pogo1, Sandrine Bertho semble avoir un peu laché prise, poussant un peu loin son bord au sud-est à la sortie du pot au noir. Elle accuse désormais une cinquantaine de milles de retard sur François Champion à la hauteur duquel elle était auparavant.

François Champion est lui bien calé sur la route directe à une belle 26ème place. Il est pourtant une quinzaine de milles derrière l’étonnant Fabien Meyer qui partait sur cette transat sans beaucoup d’expérience, désireux de maîtriser toujours mieux les paramètres de la course au large. Gageons qu’il apprend plutôt vite. Il est pour l’instant l’auteur d’une superbe deuxième étape, régulier et judicieux dans ses choix.

Quand à Maxence Desfeux, il ferme courageusement la marche après son escale forcée et est en passe de boucler son défi de transat en solitaire.

A suivre…

EB

Il n’y a plus qu’à dérouler.

Passionnant ce pot au noir au milieu de l’étape. Rien de tel pour relancer un peu le suspense après un premier tri bien cruel pour ceux qui n’ont pas accroché le bon wagon au départ.

Et non seulement le jeu se resserre en terme de distance au but, mais quelques décalages en latéral se font jour histoire de donner un peu de piment pour les deux jours à venir.

En théorie, les mieux placés sont les plus à l’est et bien sur les plus au sud, même si pour l’instant leur distance au but n’est pas très flatteuse.

En proto, Delesne et Schipman devraient tirer  parti de leur décalage d’une bonne vingtaine de milles dans l’est pour déborder Ruyant sur sa gauche. La victoire semble vouloir définitivement se jouer entre ces trois là. Chapeau à Thomas qui a su revenir au contact des meilleurs en prenant le risque d’un recalage derrière eux avant les Canaries.

Mention spéciale pour Pierre Brasseur fort bien placé sur la route et qui a repris une trentaine de milles aux premiers. Il se hisse donc à une très belle cinquième place et paraît en position idéale pour la défendre voire même viser la quatrième (Lediraison et Desprès ne l’entendent cependant sans doute pas de cette oreille). Même mention pour Pic (Sebastien Picault) revenu du diable vauvert et qui a manifestement pris le rythme. Il enfonce patiemment son clou et pointe désormais dans le top ten.

En série, les choses sont un peu plus complexes. Ricardo Apoloni et Charlie Dalin se livrent une superbe bataille. Il va falloir que Charlie soit bigrement fort pour repousser les assauts de l’Italien qui signe une trajectoire superbe depuis le début de l’étape et fait montre d’une régularité inébranlable. Francisco Lobato aligne lui aussi toujours une vitesse au top mais parcourt beaucoup de milles en poussant ses options un peu loin. Il se retrouve à l’ouest de ses camarades et devrait avoir du mal à se maintenir au contact des deux leaders dans un premier temp; à moins que le vent ne lui réserve une bonne surprise, ce qui dans ces parages, n’est pas du tout exclus.

Nos trois Pogos 1 (Champion, Bertho et Meyer) restent groupés au classement. François n’a pas spécialement repris de terrain grâce à ses voiles particulièrement performantes dans le petit temps.

Dès que les alizés de sud-est seront installés, va débuter la dernière grande phase : un marathon dans un vent soutenu et une mer formée. Un travail d’équilibriste et d’endurance, tant pour le bonhomme que pour le matériel.

De grands moments sur l’eau en perspective : sans doute un savant mélange de bonheur d’avoir pris le vrai rythme de la vie au large, d’excitation d’avoir l’arrivée en ligne de mire et de premier bilan au terme d’une aventure deplusieurs années.

A suivre …

C’est parti pour la lotterie.

Voilà, chacun s’est positionné pour attaquer le pot au noir.

La zone est sensible et faire des pronostiques est bien hazardeux.

Un passage semblait plus favorable vers 25°W il y a quelques jours. Au vu des derniers modèles, il est bien difficile de trouver un quelconque passage favorable entre 25°W et 30°W. Une chose est sure, vous pouvez voir passer vos petits copains à quelques milles de vous et rester collé dans une molle pendant d’interminables heures.

Alors pour les prochaines 48 heures, il va falloir suivre les classements et ne pas trop tirer de coclusions avant l’établissement des alisés de sud-est.

A suivre entre autres le décalage très à l’est de Jérome Lecuna, et en deuxième rideau, celui trés à l’ouest de François Champion toujours à la lutte avec les deux autres Pogo.

François est bien revenu dans le match au passage du Cap Vert. Les trois bateaux sont sur la même ligne avec des potentiels de vitesse très similaires, il va être intéressant de suivre l’influence du positionnement de chacun. François a tout de même à priori un petit avantage pour le passage du pot au noir car ses voiles neuves on été taillées pour les petits airs. A lui d’être vigilant cependant car il va falloir être prompt pour réduire la toile quand le grain approche!

Guerre des nerfs.

Voila, les grandes options sont prises pour aborder les îles du Cap vert, et il va falloir faire parler la poudre et tenir la cadence pour sortir dans les premiers de l’archipel qu’il va bien falloir traverser.

Toujours un peu plus de vent à l’est, mais les routes se rapprochent et ceux partis à l’est ont engrangé le gros de ce qu’ils pouvaient récupérer. Plus que 200 milles avant la porte du Cap Vert. Prochaine carte à abattre : comment se faufiler dans les dévents et surventes liés aux îles tout en se plaçant idéalement pour aborder le pot au noir à l’endroit où il sera le moins pénalisant, c’est à dire le moins large.

En proto, Bertrand Delesne, en patron, semble choisir d’aborder les îles par l’est. Ceci devrait lui permettre de s’affranchir du dévent des premières îles puis de repiquer  à l’ouest au milieu de l’archipel. Ses poursuivants semblent préférer le passage du nord, ce qui peut leur permettre de gagner plus facilement vers le sud au sein des îles, mais qui les expose aux perturbations du relief marqué.

Il va être intéressant de suivre le positionnement de chacun au sortir des îles car le passage du pot au noir semble favorable aux alentours du 25ème méridien ouest. L’usage est de considérer que le pot au noir est moins étendu à l’ouest, mais qu’une fois la zone franchie, il faut d’autant plus serrer le vent dans les alizés de sud-est qu’on se trouve plus à l’occident. Or cette fois, le pot au noir semble pénalisant à la fois trop à l’est et trop à l’ouest. La chance pourrait donc sourire aux audacieux qui couperont le fromage vers 25°W, d’autant qu’ils se retrouveraient placés au mieux pour avaler le copieux plat de résistance que constituent les alizés de sud-est sur ce parcours.

Côté série, les tenants de l’option est ont effectivement repris du terrain, mais Charlie tient bon et exploite au mieux sa position sur la route directe. Ayant touché lui aussi du vent, il devrait stopper l’hémorragie de milles et pouvoir se placer à sa guise pour le passage du Cap Vert sans multiplier les manœuvres. Un luxe non négligeable lorsqu’il faut tenir des moyennes élevées pendant de telles durées. Bref, Charlie devrait conforter sa position de leader, même si le retour de Francisco Lobato (toujours aussi percutant lorsqu’il s’agit d’aligner les milles au portant dans la brise) et de Luca Del Zozzo est impressionnant.

François Champion se décale dans l’ouest, sans doute un peu tôt. Il devrait toucher des vents un peu moins forts que ses camarades de jeu qui ont prolongé leur bord vers le sud et se faire quelque peu distancer (20 milles perdus sur Sandrine Bertho en 24 heures, mais Sandrine a l’habitude d’être redoutable de régularité et de réaliser des trajectoires très propres, des arguments de poids sur de longues étapes).

Maxence Desfeux est lui reparti après une escale technique, mais il semble toucher un peu moins de vent et perd encore un peu de terrain. A plus de deux jours du premier, sa traversée s’annonce très … solitaire.

Internet me sera difficile d’accès ce WE, à suivre tout de même …

Etienne

Fran